L'Ombre des Trois Pics

Roman (Terminé)L'Ombre des Trois Pics

Épique / Quête / Adulte / Chaos / Lugubre / Sombre / Dark Fantasy / Sorcellerie
Arborescence

Description

En un âge troublé où l’équilibre des forces qui règne entre les huit éléments est menacé, le Chaos est prêt à rompre l’équilibre et à vaincre l’Harmonie. Depuis des centaines de lunes un fléau s’abat sur les royaumes, un fléau de chair et d’os, en la personne du bourreau alchimiste. Dans la mort des Érudits il s'en va chercher le savoir nécessaire à sa quête. Dans les entrailles de ses victimes, dans leur atroce agonie, il lit sa destinée. C’est à lui que revient la charge d’engendrer le Chaos. Pour cela il mettra tout en œuvre et ne craindra aucun de ses adversaires, fussent-ils les dieux eux-même.

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Public :  Tout public
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Kairos Chimera old | À la française
Support :  Papier
Format(s) :  À la française
Prix :  20,00 €
L'Ombre des Trois Pics
L'Ombre des Trois Pics Kairos Chimera old
Support :  Papier
Dépôt légal :  30/03/2019
Publication :  08/04/2019
Format(s) :  À la française
ISBN-13 :  979-10-90007-00-0
ISBN-10 :  -
Prix :  20,00 €
Poids :  -
Couleur :  Noir & Blanc
Pages :  544
Langue :  Français
Accessibilité :  -

Écrits
(3)

  • Extrait - L'OMBRE DES TROIS PICS Lire l'intégralité de L'OMBRE DES TROIS PICS (Extrait)

    Dernière modification le 01/02/2019
    Missive aux voyageurs gagnant les Terres d’Ilhyya
     

    Hardi voyageur, toi qui pénètres en ces landes par choix, par sage conseil, par divine providence ou par erreur, je te conjure noble hôte de faire halte. Écoute les paroles d’un sage. Toi qui en cette heure franchis le portail menant aux neufs royaumes, saches qu’ici tu ne trouveras point d’elfes, de nains, de semi hommes, d’orcs, de trolls, de gobelins, ou encore de tous ces gens que d’autres plumes ont dépeints. Toi qui sur l’heure tiens entre tes mains la copie de l’un des ouvrages d’Ourobos, citadelle sacrée du peuple des hommes dragons, prends connaissance de la légende et de l’histoire qui dans ces livres te sera contée.
    Saches que tu demeures à chaque instant sous la protection des dieux. Où que puisse te mener cette aventure au cœur de laquelle tu t’apprêtes à pénétrer tu seras reçu en ami et traité en hôte respectable et respecté. Mais trêve de palabres, revenons-en au sujet de ces grimoires.
    L’Âge de Sang n’était encore dans la bouche des kadiyars, fils du Chaos, qu’une prophétie espérée, une longue légende qu’au fond de leurs cœurs ils désiraient plus encore que l’annihilation des huit piliers sacrés. Durant des centaines de lunes ils avaient vécu ainsi et dans le secret des ombres rouges il avait grandi, bourreau habile, prétentieux détenteur du pouvoir des oracles. Un jour il avait rompu le récit et dit qu’il mènerait l’avènement de l’Âge de Sang.
    L’orgueil était pour les fils du Chaos une qualité honorée mais tout autant un faix qui souvent menait les hommes à la mort. S’inventer une destinée était espoir de fol enfant mais dans ses yeux brûlaient les feux noirs de la vengeance. Ils ignoraient l’origine de ces flammes et de ce courroux. Lorsque tous se rirent de lui le vieux conteur plongea son regard dans le sien et d’une parole lui donna la bénédiction de Nério, le dieu originel, le dieu du Chaos.
    — Puisses tu nous apporter mille guerres et étendre nos terres bien au-delà de l’horizon. Que les esprits et les dieux même craignent ta lame.
    Alors il plongea son regard dans celui de l’ancêtre et dans l’accolade fraternelle jaillit une dague qui lui transperça le cœur. Prestement il l’ôta. Dans le dernier souffle de vie il trancha la gorge du vieil homme, aux sources du sang s’abreuva. Puis il repoussa le cadavre, lacéra le ventre, ouvrit ses entrailles qu’il tâtait de ses mains nues. Son regard, empreint de folie, chassa ses pairs. La garde approchait, il demeurait enfiévré, riait, dément, sentait le chaos s’insinuer dans chaque fibre de son corps.
    Lorsqu’il se releva son ombre dessinait deux loups marchant à ses côtés. Au delà de la porte ouverte, à la vue des bêtes ombreuses tous s’agenouillèrent. Un sourire sardonique déformait ses lèvres. Ainsi débuta sa quête, ainsi débuta sa marche de sang.
    Ne crains, cher lecteur, ni ses lames ni aucun mal. Si tu le veux aider tournes ces pages et tu découvrira son œuvre. Si en ton cœur tu le veux détruite alors garde espérance car une telle destinée ne saurait s’accomplir sans épreuves et ses ennemis bientôt se lèveront.
    À présent prends courage en ton cœur et franchit le portail du Temps. Rejoins sans tarder les terres de Prima Terrae où tu es attendu. Que les dieux d’Hélios t’accompagnent. Puisses-tu acquérir la sagesse des anciens et revenir en ces royaumes lors d’une autre errance. Fais bon voyage ! Que soit béni le jour où tu vins en ces lieux. Adieu. Que ta quête soit riche et longue !
     

    Calypso, grande prêtresse d’Anabaa, déesse des Savoirs.
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    Dernière modification le 08/03/2019
    Écume et brume enlacées dansaient un sauvage ballet plein de fureur et de bruit. En ces heures rouges d’avant l’aurore les trois lunes ne jetaient plus sur les eaux déchaînées qu’un faible et pâle badigeon d’argent. Les étoiles une à une s’éteignaient devant le puissant éclat de l’astre d’or. Leurs silhouettes découpées paraissaient nettes aux yeux des scrutateurs. Parées d’ombre et d’écarlate elles étaient telles les lames courbes des bourreaux de la flotte.
    Les brumes opaques dissimulaient les récifs et les rocs, dents minérales de titans vaincus dont les corps formaient les reliefs océans. Les trois pics étaient en vue.
    Devant eux se dressaient les falaises escarpées aux chemins mortels. Dans le ciel rouge sang volaient les oiseaux de mers, criant, piaillant pour s’attirer les bonnes grâces de l’équipage et s’assurer le festin jeté dans le ventre des eaux. Nul squale ni dragon, nul rorqual ni épaulard ne les venaient escorter. Les rascasses, poissons protecteurs des Navigateurs, par bancs entiers dardaient contre eux leurs épines. Des abysses et des cités anthropis les gardes du peuple des eaux veillaient en silence.
    Ni les éclairs ni le tonnerre ne rompaient les mugissements des vents, cornes d’appel maîtresses de l’immensité azuréenne. Griffons noirs, dragons de tempêtes, oiseaux tonnerres saluaient de leurs cris les ires de la nature avant de fondre sur la forêt de mâts qui vers les sombres hauteurs s’élançait. Leurs hurlements étaient un vacarme assourdissant. Leurs assauts faisaient craquer le bois qui aux magies et aux flammes demeuraient insensibles. Les coques ne gardaient de ces violences aucune trace, les troncs majestueux tendaient les vergues qui sans faillir supportaient le poids de ces bêtes.
    Pendant ce temps, dans l’ombre des cales, s’affairaient les mages et les bourreaux, tirant des bouches scellées et des mémoires closes les formules et les glyphes des arcanes du vent.
    Dans chaque interstice les mages insufflaient vents de mort et de pestilence, dans chaque pouce libre de bois ils gravaient les sceaux qui faisaient leurs navires plus légers que les plumes des fauves ailés. Tout à côté des cercles et des runes s’étendait le feu d’air portant en lui parchemin. Un mot était suffisant aux mages pour enflammer les rouleaux et réduire ainsi en cendres les sortilèges aériens. Par les trous des gueules de tonnerres ils veillaient aux assauts de l’onde, figeaient les vagues les plus assassines en lames de défenses qu’avec eux ils emportaient.
    Rats et longues oreilles se pressaient de par les échelles, les cordes et les bois, les soutes et les cales. Courant aux timoniers, aux nids-de-pie et aux vergues ils portaient nouvelles de l’avancement des hauts mages. Le maître cartographe alors baissait les yeux sur ses parchemins, sentait le vent puis décidait du cap. Au creux des lames ils gravaient du feu grégeois la marque du septentrion. Ballotté par les flots il jaillissait parfois hors de l’étreinte de l’écume et s’embrasait avant de disparaître, dévoré par les gueules avides des bêtes vigilantes.
    D’un seul élan les cent onze capitaines prirent la barre, vers les terres firent voile. Les souffles de Delfos, dieu des océans, ne furent que caresses aux membrures de leurs navires et les tempêtes une route plus preste vers la gloire et la richesse. Du ventre des navires s’échappaient, par d’astucieuses trappes, les tonneaux percés aux douelles rompues qui, rougissant les ondes, attiraient de par eux tous les ennemis d’hier qui à l’appel du sang ne pouvaient résister.
  • Extrait - L'Ombre des Trois Pics - Chapitre 1 Lire l'intégralité de L'Ombre des Trois Pics - Chapitre 1 (Extrait)

    Dernière modification le 28/06/2019
    Avec une imperturbable patience il préparait ses coutelas, ses tranchoirs et ses tenailles aux mors affûtés, les plongeait dans le sang encore chaud de sa victime, admirait l’éclat couleur rubis que l’onde écarlate procurait puis, sans leur laisser temps de sécher, il les rangeait en ses rouleaux de cuir bruns.
    Au dehors les seigneurs ailés rejoignaient les rangs des hordes furieuses de la grève. Les hommes et les bêtes protectrices s’unissaient par le lien de leurs âmes, changeant leurs corps, le faisant à demi humain ou bestial selon leur nature première. Les fils de l’eau les devançaient, levant contre le fruit des gueules de tonnerre et les vents du Chaos des remparts océans. L’écume blanche pourtant tombait en poussière, en une poussière noire qui leur emplissait la gorge et menait dans leurs sangs les poisons silencieux.
    Les Érudits se réjouissaient d’ouïr tant d’êtres ici venus les délivrer. Dans le secret langage des bêtes ils entendaient les quêtes à venir, les ruses et les sortilèges d’antique magie. Sur l’épaule du bourreau ils virent le messager gracile, les ailes ocres et brunes de l’espérance. Leurs voix s’éteignaient, la bête ne survivrait au moindre assaut. Il était temps pour eux de faire montre de hardiesse, de refuser cette malemort qu’il leur réservait. Alors Etli, érudit de la ligné des Citadelles, ami des fils des vents et connaisseur des arcanes élémentaires, leur ordonna le plus absolu des silences. Nul ne devait, une clepsydre durant respirer plus fort que la brise.
    Des braises des torchères, de leurs fumées il formait les orbes, les modelait par l’action de ses doigts, gravant dans l’invisible azur les runes du sortilège. Il capturait ces souffles de vie, voyait en parfaite clarté chacun des vents le plus minuscule fût-il. Il savait en diriger la course, la faire suivre sa volonté. D’un mot il fit le messager volant un marcheur puis, tendant ses lèvres à peine ouvertes il libérait de sa poitrine les élans de son cœur, faisait insensiblement vibrer ses ailes, sa trompe, ses antennes, lui délivrant message. "Va et libères-nous noble fils des vents." lui disait-il en ce secret langage.
    La bête étendit ses ailes, sauta, puis dans le déchaînement des orbes brisés, des vents libérés et de la haine du bourreau, emportait avec lui toutes les pensées de liberté. Etli, modulant sa voix, supportait par ses mots le vol du messager qui filait droit vers cet azur, à travers la tempête des souffles du Chaos. Quelques uns parlaient, d’autres retenaient encore leurs souffles, tentant, autant que faire se pouvait, de ne rien laisser paraître de leur impatience.
    Il n’était plus à présent qu’à trois pas d’homme de la sortie, créature si insignifiante et aux couleurs si commune qu’elle semblait invisible sur le bois. Le bourreau un instant sembla la frôler, il lui tourna le dos, affairé au prochain débarquement. Mener une telle troupe n’aller pas être chose aisée.
    Plus qu’un pas, il ne manquait qu’un pas. Le seuil était proche, si proche lorsque soudain s’abattit la main de mort. Ils sentirent leurs cœurs cesser de battre, entrevirent l’espace d’un instant les terres sombres du royaume de Crone puis il retira un à un ses doigts et la bête chancelante reprit son vol tandis que se croisaient les regards d’Etli et du tourmenteur.
    Nulle peur il ne lut dans les yeux du sage et immortel Érudit. Sa sérénité semblait de marbre et de granit, de ces pierres défiant le temps. Devant la menace des lames, devant les mots et les gesticulations emportées du bourreau il restait impassible. Devant la tranquillité mauvaise il ne s’agitait. Ses yeux d’un blanc laiteux ne voyaient plus depuis des centaines de lunes mais il savait ses desseins. Au crissements du cuir, aux frottement de l’aciérite sur la peau bestiale il comprit que tout était joué. De son empire sur ses pairs il joua, et de toute la force de son esprit tenta de contraindre leurs emportements.
    ... Le temps d’un battement de cil l’espérance devint nourriture au bois du vaisseau. Dans l’ombre le couteau aiguille avait filé droit sur sa cible, la touchant en plein thorax, l’épinglant comme les cadavres ennemis étaient exposés en place publique lors des exécutions du peuple au sang noir. Les crabes de mer, quittant leurs repaires de bois et de varech, se pressaient, de leurs démarches assurées, mutilateurs affamés. Leurs pinces claquaient en douce mélodie aux oreilles de l’exécuteur. Une à une ils lui arrachèrent qui une patte, un œil, la trompe, les ailes, ne laissant autour de la lame que le thorax rougi et l’abdomen éventré. Le navire à son tour entra en jeu et de l’âme se reput, enserrant dans ses bois le reste du cadavre...

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